Le retour à la laïcité réelle

Le retour à la laïcité réelle

Les conceptions erronées de la laïcité qui menaient la France à être pointée du doigt par ses voisins européens autant que par ses cousins d’outre-atlantique sont en train de changer. Aujourd’hui, la laïcité revient vers le respect des croyances de chacun.

Etrangement, ces derniers temps, alors que certains hurlaient lorsque l’on parlait de la loi de 1905, nous assistons à un retour vers une laïcité réelle, une laïcité telle qu’elle a été conçue. La laïcité s’inscrit dans notre pays comme le garant d’un respect des croyances de chacun. L’absence de laïcité, c’est la Saint-Barthélemy qui punit les protestants pour ne pas être catholiques. Si aujourd’hui les français se voient obligés d’endosser un athéisme publique, nous sommes dans le même schéma. Les athées doivent être respectés au même titre que toute autre confession.

Les institutions telles que la Miviludes se sont trop longtemps spécialisées dans la stigmatisation à outrance des nouveaux mouvements religieux, comme si ne pas être athée, ou à la limite ne pas faire partie de l’une des quatres grandes confessions, était un délit. Grande entorse aux fondements mêmes de notre constitution qui se doit de protéger la liberté de conscience de chacun.

Michèle Alliot-Marie en a très justement observé les dérives et l’exprime en ces termes : 

« Ce n’est pas à elle (la Miviludes) de définir une politique, ni de mener des actions de répression. C’est le rôle des pouvoirs publics. Je dois assurer la liberté de croyance de tous ».

Fachée, Catherine Picard, Présidente de l’Unadfi se plaint “des Etats-Unis dont le Congrès épingle chaque année dans un rapport la politique française vis-à-vis des sectes“.

Effectivement, la France a fait figure de retardée dans le domaine depuis plusieurs années. Dernièrement, de nombreux pays européens changeaient leur fusil d’épaule. La reconnaissance par les autorités espagnoles du caractère religieux de l’Eglise de Scientologie et son inscription au Registre des Religions n’a echappé à personne.

L’ancêtre de la Miviludes, la MILS, avait épinglé les baptistes comme mouvement sectaire, alors qu’à l’époque le président Clinton était lui-même baptiste de confession. Les erreurs se sont accumulées.

Yves Bertrand, ancien directeur des Renseignements Généraux dont les travaux étaient censés servir de source aux conclusions de la MILS, a sévérement critiqué les dérives de cet organisme. Il écrivait dans son livre “Je ne sais rien mais je dirais presque tout” :

« …Doit-on confondre en un même vocable, sectes et mouvements minoritaires, pratiquant le prosélytisme comme les témoins de Jéhovah ?
Franchement je ne le pense pas. On a le droit de critiquer la scientologie ou les Témoins de Jéhovah, mais faut-il pour autant les transformer en diable ? Je pense même qu’à placer sur le même plan certaines sociétés de pensée et d’authentiques mouvements sectaires qui aliènent la liberté de leur membres, on aboutit à l’inverse du but recherché. Sous prétexte de protéger la liberté de conscience, on empêche les citoyens d’embrasser les croyances de leur choix, ce qui est le contraire de la laïcité bien comprise…
 »

Au dela de ces deux mouvements dont l’ampleur ne cesse d’augmenter, ce sont aussi toutes les minorités religieuses qui peuvent espérer bénéficier d’une politique plus respectueuse à leur égard après de nombreuses années passées à souffrir d’une laïcité mal comprise et sectaire qui déniait au citoyen français le droit à la différence.

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=35498

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